L'araignée.

Celle qui a tissé sa toile au coin de ma fenêtre
N'est pas de ces arrogantes épeires qui fièrement
Campent au centre de leur ouvrage...
Non celle-là est une tueuse discrète,
Tapie au fond de son nid elle guette...
Une patte posée sur le fil relié au cœur de son filet
Ecoutant chaque vibration,
Elle attend...
Ce n'est pas de la patience, c'est sa vie
Jamais elle ne bouge, ni n'espère...
Elle attend…
Soudain une mouche leurrée par la vitre
Se trouve repoussée dans le piège
Ses efforts furieux pour se libérer ne font que resserrer ses liens
La chasseresse en un éclair a bondi de son antre
Aussitôt elle plante ses crochets dans l'abdomen de sa proie
Il faut maintenant qu'elle meure,
Il faut attendre...
La mouche vit toujours, elle fait vibrer la toile
L'araignée mords toujours,
Il faut attendre...
Sa victime n'en finir pas d'agoniser…
Mais ses velléités de vie s'espacent,
Sa résistance au venin se fait acceptation
Il faut attendre... Encore un peu...
Enfin la maîtresse de la toile peut achever son œuvre
Elle emmaillote étroitement son butin,
Le décroche puis le hale énergiquement dans son repaire...
Il n'aura fallu qu'une minute, interminable minute…
Mais une minute seulement !
MJ 16 dec. 2001