Le secret de Ketty.

Andrews s'assit confortablement dans le vieux fauteuil, Maureen se posa avec légèreté sur ses genoux, Aednat et moi nous perchâmes comme deux inséparables sur l'un des bras du vieux meuble qui soupira un peu sous la charge.

Le récit d'Andrews...

J'avais à peine huit ans je crois, voilà donc douze années, j'aimais particulièrement me promener en forêt, on y voit tant d'animaux, de plantes et de créatures étranges !..
Surtout quand nous, enfants, y allons seuls : les grands ne savent plus voir ces choses trop discrètes comme les écureuils ou ... les fées ! En plus ils font tellement de bruit qu'ils effraient ces petits êtres longtemps avant leur arrivée...

J'allais souvent dans un petit bois proche de Buncrana pour trouver des cannes de noisetier bien droites pour la pêche. C'était ma réserve secrète, et je n'y amenais jamais personne. Il ne devait guère être plus grand que la cour de l'école. Bordé de landes, il entourait une petite mare pleine de vie.
Aucun chemin n'y menait sinon des sentes de lièvres, et je n'avais jamais rencontré personne ici, et pourtant...

La première fois que je la vis, Ketty était penchée sur le bord de la mare, au milieu de la petite clairière, je l'avais tout d'abord confondue avec un papillon tant elle me sembla petite ! Je n'avais du reste jamais imaginé qu'une fée puisse être si petite !
Elle se mirait dans l'eau... faisait des mines... se tournait pour regarder ses ailes diaphanes, jouait avec ses couleurs changeantes dans les rayons du soleil.

Je vint m'asseoir sans crainte juste à ses côtés et je la saluai en regardant l'eau droit devant moi :

- Bonjour petite Fée.
- Bonjour ! me répondit-elle sans marquer la moindre surprise.

Puis je me présentai :

- Je m'appelle Andrews.
- Et moi Ketty ! j'habite dans ces noisetiers là-bas... Elle fit un petit vol dans leur direction puis revint.
- C'est pour ça que j'y vois souvent des écureuils ?!

Ketty ne répondit pas à ma question, et me fit cette remarque :

- Tu n'es pas bien grand pour un humain !

Elle ne manquait pas de culot ! moi qui l'avait prise pour un insecte ! pensai-je.
Elle lut aussitôt dans mes pensées car elle me dit :

- Te vexe pas ! moi aussi je suis petite ! Enfin... quand même es-tu sûr de ne pas être un lutin ?

Je trouvais sa question si bizarre :

- C'est que... je n'ai que huit ans !
- Pourtant tu as un air sérieux de grande personne !

Cette remarque était juste, depuis longtemps je mettais beaucoup de sérieux à tout ce que j'entreprenais. Mais elle m'agaçait un peu avec ses airs de donneuse de leçons qui ne répondait jamais, alors je continuai à la harceler :

- Et toi ?! toi aussi tu as l'air bien sérieuse ! Pourquoi te regardais-tu ainsi dans l'eau ?... tu ne te trouves pas assez jolie ?... Moi je te trouve très jolie !
alt : craigs_octave.mid

Une fois encore Ketty ne répondit pas à mes questions se contentant de dire :

- Tu es gentil toi ! Merci !

Après cette rencontre je vins souvent dans le petit bois, non plus pour couper des branches, car je ne voulais pas lui déplaire, mais pour lui tenir compagnie. Parfois je lui jouais du tin whistle...
Un jour alors que j'étais assis comme de coutume à ses côtés au bord de la mare regardant les insectes aquatiques et les têtards dans l'eau, un jour où elle avait l'air plus soucieuse encore, Ketty me questionna :

- Vis-tu seul toi aussi ?...

Je lui répondis, me disant elle ne semble pas connaître grand'chose du monde des humains, en lui renvoyant sa question :

- Euh... non, je vis chez mes parents, je suis leur seul enfant, mais j'ai beaucoup d'amis à l'école... Est-ce de vivre seule qui te rend triste ?
- Voilà !

Ketty avait sauté sur ma réponse en même temps qu'elle était venue se poser debout sur mes genoux repliés, ses yeux juste au niveau des miens !

- Mais... me... comprendras-tu ? commença-t-elle.

J'avais compris qu'elle avait besoin de parler, et je me trouvais plutôt malin sur l'instant car j'évitais de la questionner et je lui dis :

- Tu n'es pas obligée de me dire...

Mais je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle allait me révéler !

Ketty resta encore un peu songeuse... Je regardais ces drôle d'insectes qui marchent sur l'eau, comme s'ils étaient sur une toile tendue, la déformant à peine ...

- Je suis une enfant moi aussi, mais ma mère ne m'aime plus, alors je me suis enfuie dans ce bois où aucune fée, aucun lutin ou gnome n'habite plus depuis des lustres, et sais-tu ?... c'est long un lustre ! Moi je suis jeune, je n'ai que huit lustres... peu près cinq fois ton âge... seule sans jamais de visite !

J'étais surpris de ce qu'elle venait de dire mais j'étais tellement troublé que je n'arrivais plus à calculer ce que huit fois cinq représentait ! Mais je me doutait que c'était beaucoup pour une enfant... même de fée ! Cependant je ne dis rien sur cet âge qui me paraissait être plus que celui de ma mère ! Je me contentai de lui demander :

- Mais je viens souvent ici ! tu es ici depuis si longtemps ?

Elle me répondit du tac au tac pour une fois :

- Non, depuis quelques lunes seulement...
- Des lunes ?..

Je n'avais jamais entendu compter de cette façon, alors elle m'expliqua :

- C'est l'intervalle entre deux nouvelles lunes, tu vois ?

A huit ans, je ne réalisais pas vraiment mais je hochais la tête et insistai :

- Mais je ne te voyais jamais !

Ketty me répondit une fois encore sans détour, mais avec quelque chose d'enfantin qui était nouveau, j'aurais du m'en étonner, mais je ne m'en aperçu qu'en y repensant beaucoup plus tard. Elle commença à expliquer :

- Oui, au début j'avais peur de toi, en plus tu étais venu prendre des branches de mon noisetier... cela me faisait penser que tu n'étais pas gentil... comme...

Puis elle s'interrompit brusquement en changeant de couleur, au point que je crus qu'il y avait quelque danger derrière moi ! Je me retournais, mais non... il n'y avait personne !

Je pensai que c'était ce qu'elle s'apprêtait à me dire qui l'effrayait alors je dis :

- Que se passe-t-il tu es toute bleue ?!

Elle mit quelques secondes à retrouver ses jolies couleurs... et me dit en prenant un air désolé :

- Je veux bien t'expliquer, mais après tu seras malheureux, car tu ne pourras pas m'aider.

Alors je fis le fier et je dis :

- Mais si, je veux t'aider !!

Maintenant que nous connaissons tous Ketty, il n'est pas surprenant de penser qu'elle savait que j'allais dire ça, et que c'est ce qui lui permettrait de m'expliquer en partie ce qu'elle attendait de moi... mais en partie seulement... évidemment !

Voilà comment elle me parla du Sorcier Noir pour la première fois :

- Alors voilà : plus loin il y a un chemin là-bas entre les champs, descendant jusqu'à la rivière, puis il y a un autre petit chemin sur la droite, si petit que l'on croirait une sente de blaireau, ça mène à une cabane, habitée par... par un sorcier, le Sorcier Noir. Il est capable de transformer les garçons en crapaud, les filles en grenouilles, les grenouilles en fourmis et les fourmis en grains de sable. Il me poursuit pour me voler mes ailes !

J'allais ouvrir la bouche pour la questionner alors elle m'intima le silence et poursuivit :

- Non ! ne dit rien, écoute la suite... Il a besoin des ailes d'une fée pour s'en faire une potion magique qui lui permettrait de vivre éternellement je crois... Mais s'il parvient à m'attraper, puis me les arracher, je mourrai aussitôt !

Puis Ketty se tut... à la fois pensive et observant ma réaction... Pendant tout son récit sa couleur avait progressivement viré au bleu, insensiblement, passant par le marron, le mauve, l'indigo puis l'outre-mer !... comme tout à l'heure. Elle était presque devenue toute verte ! Cela m'inquiétais et je lui en fis part :

- Mais pourquoi cela te fait-il changer de couleur ?... j'ai l'impression que tu as mal !

Ketty, elle, sembla satisfaite de ma remarque :

- Tu as remarqué n'est-ce pas ?... c'est que... quand je pense trop fort à Lui, il me devine... il me flaire, comme un chien qui sent la peur chez l'autre.
Dès qu'il me retrouve, il essaie de me paralyser et ça me fait changer de couleur... S'il parvient à me faire garder la couleur des plantes, je deviendrai comme elles, je ne pourrai plus bouger et prendrai racine !

Cet aveu de la part d'une créature qui me paraissait si petite et fragile me rendit vraiment triste, et à mon âge je ne connaissais qu'une réponse à un si grave problème, alors je lui dis :

- Il faut rejoindre tes parents, ils te protégeront !
- Je ne peux pas ! me répondit Ketty farouchement en devenant écarlate.

Elle avait été si catégorique que je réfléchis à une autre solution. Je pense que c'est ce qu'elle voulait... vous savez comment elle fait d'habitude ? Je lui ai donc proposé :

- Alors... peut-être... j'ai une idée, hasardais-je, si je te prenais dans ma poche... tu changerais toujours de place sans être vue ? nous pourrions rester toujours ensemble... nous pourrions même nous enfuir ?

Elle me regarda satisfaite, et retrouva aussitôt ses belles couleurs ensoleillées ! J'étais si content de lui faire plaisir que je m'écriai :

- C'est une bonne idée, regarde ! tu es redevenue comme avant... veux-tu venir dans ma poche ?

Mais elle me fit remarquer :

- Je ne pourrai éternellement rester dans ta poche !

Je lui montrai la large poche intérieur de ma veste en velours... J'avais été très fier quand ma mère m'avait acheté cette veste, pensez ! Une veste avec une poche pour le porte feuille ! Je m'étais même empressé de m'en confectionner un, comme un grand, dans du carton habilement replié, et j'y gardais toujours deux tin-whistles.

Réfléchissant à ce qu'elle venait de me dire, et pensant qu'elle avait raison, quoique j'aurais bien aimé garder une fée dans ma poche... ne riez pas ! je ne connaissais pas vraiment Ketty à cette époque ! aujourd'hui je me garderai bien de lui refaire ma même proposition ! Donc je lui demandai :

- Tu ne sais pas où aller ? une autre cachette... Un endroit où ce sorcier ne pourrait pas te trouver ? Mais où je pourrais t'emmener ?

Elle ne répondit pas, mais je pensais qu'elle n'attendait pas autre chose de moi. Alors je mis délicatement Ketty dans la poche, une douce chaleur m'envahit aussitôt, mon cœur s'affola un peu... Elle prit des couleurs de soleil couchant, pleines de reflets d'abricots et d'oranges.

Et nous marchâmes jusqu'au débuché... Là elle me demanda de m'arrêter, puis m'indiqua un autre chemin que celui qui menait à Buncrana...
C'est ainsi qu'elle me mena jusqu'à la vallée des gnomes, et la forêt de Liam !.. Nous la traversâmes et elle me montra où elle voulait installer sa maison... Maureen, j'espère t'y emmener un jour, aussi je préfère t'en réserver la surprise.

Toujours est-il que Ketty me prit sous sa protection et commença à m'apprendre la magie, alors que sa mère continuait l'apprentissage de Mölinn, la demi-fée comme disait souvent Ketty sous le coup d'une colère toujours à fleur de peau.
Je pense en mon fort intérieur, que sa mère voulait endurcir Ketty. Et ketty le savait pertinemment. D'ailleurs elle a fait de même avec moi et j'ai vu comment elle a amené Goulven à exprimer ses pouvoirs.

Je pense vraiment qu'il n'y avait aucune rivalité entre vous Maureen... Simplement une rupture irrémédiable entre la mère et la fille... Cette histoire ne doit pas te faire avoir de remords vis à vis de Ketty : Grâce à ses qualités propres elle est rapidement devenue l'égal de sa mère : La première fée d'Irlande !

Andrews se tut nous laissant sur notre faim...

- Mais ce sorcier, l'avez-vous donc vu ? demanda Aednat.
- Oui, il nous a rattrapé juste avant d'entrer dans ta vallée. Ketty l'avait pressenti, elle m'avait prévenu et je m'étais caché derrière un rocher.
- Et c'est là que tu lui a sauvé la vie ? Ne pouvait-elle le combattre ? Qu'as-tu donc fait d'extraordinaire ?! demanda Maureen.
- Non, le sorcier était tout proche, il sentait la présence de Ketty et son sortilège commençait à la paralyser, elle devint toute bleue et froide, puis verte et rigide comme du buis sec.

A cette évocation, Maureen ne put s'empêcher de pâlir au souvenir de sa douloureuse rencontre avec le Sorcier Noir :

- C'est ce que j'ai ressenti moi aussi !.. Et alors ?.. Qu'as-tu fait ?
- Que feriez-vous d'un bout de bois ?! Je l'ai lancée de toute mes forces vers l'autre côté du passage, comme un vulgaire bâton...

Disant cela Andrews masquait mal sa confusion et l'embarras de cet aveu.

- Non ?! Je ne peux y croire ! Voilà l'exploit ? Hi! Hi! Hi!.. il a jeté Ketty comme on jette un bâton ! s'exclama Maureen.
- On voit que vous ne connaissez pas l'endroit Maureen, répondit Aednat restant très sérieuse, malgré son envie de rire.

Ma petite lutine compatissait au désarroi du pauvre Andrews brocardé pas celle qu'il aime.

- C'est un passage étroit entre deux falaises rocheuses. Expliqua-t-elle. Les humains et autres indésirables, ne le voient pas ! Il faut une grande sensibilité pour le deviner, Andrews qui a le cœur et les intentions pures a vu le passage, il a compris sa nature, il a vu l'autre côté, l'autre monde, et il a compris que le sorcier ne voyait pas notre vallée protégée par les sortilèges des gnomes des chênes... Vous avez compris que de l'autre côté elle serait sauvée... n'est-ce pas Andrews ? demanda Aednat.
- Oui exactement ! Ketty comme à son habitude n'avait rien expliqué, mais elle savait que je saurais quoi faire à ce moment crucial où le Sorcier Noir me tourna le dos un infime instant !.. Elle procède toujours ainsi... n'est-ce pas Goulven ?... (Je ne pus qu'approuver d'un mouvement de tête, l'invitant du regard à poursuivre son récit.) Ensuite, Ketty n'a même pas touché le sol ! Elle a retrouvé ses belle couleurs instantanément et poursuivi son vol en déployant ses ailes, puis elle est revenue lancer un sortilège terrible au sorcier a travers le passage...

Cette fois Maureen ne se moqua pas de son cher musicien, elle se pencha doucement pour poser la tête sur son épaule...

- Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle n'était pas venue toute seule se réfugier dans ce lieu magique, Ketty m'a répondu énigmatique :
- Il fallait que l'on m'y porte, il fallait que celui qui m'y emmène soit en mesure de voir le passage... Et c'est toi Andrews qui m'a portée, et tu as vu le passage, car tu es sage et généreux...
- Vous vous doutez que je lui ai demandé :
- Mais si je ne l'avais pas vu ?!
- Elle m'a répondu simplement :
- Je savais que tu pouvais le voir...
- Tu vois Goulven, Ketty sait ce dont nous sommes capable et jamais elle ne se trompe ! me lança Aednat triomphante.
- Et moi je trouve qu'elle n'aurait aucune raison de rougir de cette histoire : Elle montre toute sa clairvoyance ! affirma Maureen admirative.

Je ne pus m'empêcher de bougonner :

- A vous entendre, nous ne serions que des marionnettes dont elle tire les ficelles !

Cela les fit beaucoup rire, mais moi je n'arrivais pas à me persuader que la Reine des Fées avait tout contrôlé comme mes amis se plaisaient à le croire !

- Allons ! Goulven... dérides-toi ! n'as-tu pas gagné un vœu dans cette aventure ? me dit affectueusement Maureen... Rends-toi compte, c'est le sixième vœu que tu auras récolté, quelle moisson ! Hi! Hi! Hi!
- Et que va-t-il en faire mon lutin malin ? demanda Aednat en me chatouillant les côtes.
- Euh... j'ai déjà ma petite idée, mais je ne sais comment en faire part à Daireann... dis-je un peu gêné.
- Vraiment ?! s'étonna Maureen, et les sternes ?.. et les alouettes ?.. Ah ! non... pas les alouettes excuse-moi hi hi hi !
- J'ignorai que l'on pouvait faire des vœux par courrier... dis-je en faisant une moue dubitative. Je n'aime pas cette idée : je veux pouvoir entendre une petite voix dans ma tête qui me dise....
- Ton vœu est exaucé ! hi hi hi !... compléta Maureen avec un clin d' œil.
- Oui Maureen, exactement !
- Alors il nous faudra aller voir Daireann ! conclu gaiement ma chère petite lutine.

Je la remerciai d'un baiser, et oubliai ma rancœur pour Ketty.

- Mais ne peux-tu nous dire quel sera ce vœu ? demanda Andrews.

- Ô Mère des Fées, faites que John et Margaret puissent bientôt voir un enfant naître de leur amour !

Soupirais-je avec la même conviction que si je m'étais trouvé devant Daireann elle-même.

- C'est un bien beau souhait ! s'exclama Aednat en m'embrassant.
- Oui c'est une merveilleuse idée... si généreuse ! Eux qui rêvent tant d'avoir un enfant, tu ne l'avais pas oublié ! s'attendrit Maureen.

Andrews ne dit rien, mais son hochement de tête traduisit son approbation, et je vis sa main chercher celle de Maureen...

- Ton vœu sera exaucé ! Généreux lutin de Landévennec, en remerciement de nous avoir ramené Maureen...

Mes yeux durent s'agrandir, ma bouche béer comme celle d'un hareng, mes oreilles s'allonger de quelques centimètres car je vis mes amis s'inquiéter :

- Qu'as-tu Goulven ?... tu est tout blanc... viens-tu de voir un fantôme ? s'inquiéta Maureen.
- Mais enfin parle ! ajouta ma lutine en me pinçant le bout du nez.

Je retrouvais peu à peu mes esprits et fini par balbutier :

- Ketty... c'est Ketty !... elle vient d'exaucer mon vœu ! C'était bien sa voix ! Elle vient de résonner dans mon crâne... comment est-ce possible ?
- Ah ! vas-tu enfin te rendre à l'évidence que Ketty est la plus grande des Fées, galopin ? me lança ma petite lutine radieuse, avec ce ton de reproche que j'aimais tant.

Il ne me restait plus qu'à marmonner des excuses à tout le monde... Je ne comprenais pas vraiment comment Ketty avait pu entendre mon vœu, encore moins comment elle avait pu projeter sa réponse avec tant de force dans mon esprit, mais le fait était là !

Alors si elle ne nous tenait pas par des ficelles, peut-être ne nous avait-elle malgré tout, jamais vraiment quitté lorsque nous étions en danger de mort ? Et ni Andrews, ni Aednat ne semblaient surpris d'un tel prodige !

- C'est vertigineux...

Fée d'après "le miroir de Vénus", Sir E. Burne johns
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