Le charpentier de Roscanvel

Depuis mon retour de la forêt du Cranou, et ma mémorable rencontre avec Marc, le gnome des chênes, Je n'avais plus qu'une idée en tête : retrouver le charpentier de marine !
Mais je dus d'abord attendre la fin de l'année scolaire, Je rejoins donc Arthur à Trégarvan, Il me fit le récit de sa piteuse prestation face à son redoutable père, je lui racontai mon aventure, nous fîmes tant de tapage sous les bancs de l'école que le maître pensa qu'elle était envahie de rats !
Il ne restait plus qu'un mois avant que les travaux des champs rappellent les écoliers dans les fermes, et nous libèrent, gnomes ou lutins, de l'apprentissage du latin...
Mais moi si dissipé jusque là, je me trouvai une passion nouvelle pour les mathématiques, la physique et la géométrie. Je passai mes soirées à plonger dans les livres de l'instituteur, au désespoir d'Arthur et des autres lutins de l'école. Le principe d'Archimède n'eut rapidement plus aucun secret pour moi !
Fini les sottises ... Quoiqu'il me fût quand même difficile de ne pas semer un gentil désordre dans la bibliothèque, après tout, ne retrouvai-je pas de cette façon plus facilement mes ouvrages préférés ?

Quand je revins à l'abbaye, mon père, et les lutins de Landévénec refusèrent de croire que je voulais devenir lutin bâtisseur, apprentis charpentier ! Je ne cherchai même pas à les convaincre, seule ma chère maman m'encouragea à suivre ma destinée, savait-elle quelle passion me consumait le cœur et quels étaient mes desseins ?
Evidemment je m'étais bien gardé de conter à mon père ma fugue dans la grande forêt, et surtout l'impertinence dont j'avais fait preuve face au vieux Marc ! Et j'espérais bien être déjà à Roscanvel avant que la légende ne me rattrape !

Hélas, il n'en fut rien, et je reçus de mon père la plus terrible correction de mémoire de lutin qu'un père puisse infliger à son fils ! Heureusement nos punitions n'ont pas la cruauté de celle des humains, mais devoir rester tout un mois dans la chambre du prieur, à écouter ses litanies, suivre ses sermons et écouter ses paroles pour apprendre la sagesse (avait ordonné mon père), cela m'avait paru inconcevable !
Quoi ? Recevoir des leçons de sagesse d'un moine à l'esprit borné par les murs de son cloître ? moi qui voulais courir le monde ; d'un homme qui n'avait jamais connu l'Amour ? moi qu'une lutine merveilleuse visitait en songe ; d'un humain qui ne nous voyait même pas courir entre ses jambes ? Moi qui avais parlé à Maître Marc en personne ! Savait-il ce que pouvait être un assemblage en trait de Jupiter ? Connaissait-il seulement le principe d'Archimède ? Non vraiment malgré tout le respect que je vouais à mon père, cela m'était impossible !

Mon voyage vers Roscanvel fut sans histoire. Située près de la Pointe des Espagnols, s'ouvrant vers le levant sur la Rade de Brest, à côté d'un petit port, la grève de galets abritait plusieurs petits chantiers navals, mais un seul arborait fièrement une enseigne jaune et noire : "Loïc Le Gall - Charpentier de Marine". Oh son chantier ne différait même pas des autres par la taille, petite baraque de bois goudronnée, placée perpendiculaire à la mer, deux longues rampes de bois suiffé plongeant jusqu'à l'eau ne laissaient aucun doute sur la nature des constructions qui s'y faisaient. A proximité, un espace assez vaste accueillait les bois bruts ou déjà sciés en long. Je humai avec délice les odeurs de marée mêlées aux parfums des copeaux ... Ainsi ici vivait mon charpentier ! Ici se scellerait mon destin !

J'espérais que des lutins charpentiers se seraient installés chez Loïc, hélas j'étais seul désormais... Comment pourrai-je savoir quel serait mon bateau ?

Il n'y avait que trois lutins à Roscanvel :
Celui de l'église, très vieux et revêche : depuis longtemps le curé ne tournait plus en bourrique sous ses farces, car trop âgé ! Cela avait rejailli sur le malheureux lutin qui n'avait plus assez d'occasions de rire, et chacun sait comme il est important pour nous de rire ! Aussi ne cessait-il de se disputer avec sa femme, aussi gaie qu'il était maussade, aussi fraîche et rebondie qu'il était sec et cassant (Faut-il rappeler que les lutines aiment particulièrement taquiner leur mari ?) ;
Celui du moulin, qui se considérait au moins l'égal d'un gnome de manoir, ne supportait pas que je l'appelle lutin de farine ! Lui aussi assez vieux pour avoir vu partir ses enfants, vivait seul avec sa femme ;
Et enfin le lutin de l'Île Longue qui résidait solitaire sur la lande de cette presqu'île désolée, en face des chantiers de la grève.
Mon arrivée eut l'effet d'une tornade dans la vie monotone de la petite communauté, évidemment mes farces redonnèrent le sourire aux taciturnes, et les mamans lutines m'adoptèrent généreusement, retrouvant le plaisir de faire des tartes aux mûres ou aux framboises !
Seul Yannig, le korrigan de l'Île Longue ne sembla pas apprécier mes visites. Il est vrai que j'hésitais à jouer des tours à ce lutin solitaire et mélancolique, et que quand il me prenait l'envie de lui faire quelque niche il m'envoyait paître sans ménagement !

J'organisais ma nouvelle vie autour du chantier, les ouvriers ne tardèrent pas à trouver des changements dans le travail... Bien que jamais personne ne devina ma présence, ma bonne humeur semblait communicative, et mes gentils tours amusaient beaucoup les jeunes apprentis au dépend des vieux charpentiers : Ai-je jamais tant ri que la fois où j'avais, en une nuit, cousu toutes les jambes de pantalon de leurs salopettes ? Et la fois où il me prit l'envie des les voir tous faire une bataille de chiffons endiablée ? (Il m'avait suffit d'un lancé d'une précision diabolique, pour que tous se prêtent au jeu!)
Mais je ne passais pas mes journées à rêvasser : comme à Trégarvan, je m'attelai aux études, rapidement j'en connus autant des œuvres vives et du tracé d'une carène que de l'art de mener un bateau grâce au vent. Et un projet secret germait à mon insu dans mon cœur...
Si je faisais mon propre bateau ? Je n'aurais plus à m'inquiéter de la destination de ceux construits pas Maître Loïc !
C'était un projet fou, qui fort heureusement capota avant d'arriver à terme. Voici par quel hasard :
Depuis un an, je travaillais secrètement sous le plancher du chantier, j'avais déjà fait la charpente d'un beau cotre : un mètre de long ! Pensez donc !
J'ignore toujours pourquoi, mais ce jour là je voulus rendre visite à Yannig, et lui parlai de mon bateau... Il entra dans une grande colère :

- Malheureux veux-tu vraiment te perdre ???
Je restai interloqué...
- Même si tu t'aventurais à traverser l'anse sur ta coque de noix, pour venir me voir, la moindre vaguelette aurait raison de ta témérité !... As-tu déjà oublié les paroles Marc ? ajouta-t-il.
- Mais je ne t'ai jamais parlé de Maître Marc !!
- Et crois-tu que nous sommes sur une île ? Petit sot ton père nous a avertis de ta venue, je te savais fanfaron, mais idiot à ce point vraiment non !

Extrêmement vexé de cette dernière remarque, je repartis sans même dire au revoir, plus déterminé que jamais !... Arrivant au chantier en début de soirée, alors que seul le maître était encore là, je surpris cette conversation :

- Un lougre ? C'est que ... il y a longtemps que je n'en ai construit, il me faudra beaucoup de bois, et de temps... Ça te coûtera fort cher.
- je paierai d'avance, c'est pour envoyer du cochon sur l'Irlande et en ramener la laine. Les tisserands de Locronan n'ont plus de fournisseur.
- Ah ! si tu paies d'avance camarade l'affaire est faite !

Les deux hommes topèrent là, et Loïc dès le départ du patron sortit d'un tiroir ses abaques.

- Voilà qui va tenir à flot le chantier pour un an ! dit-il, parlant seul. Mais où sont passé ces plans ?!

Un tourbillon d'idées plus folles les unes que les autres embrouillaient mon esprit !
Maître Loïc sortit sur le parc pour revoir ses bois... Déjà mentalement il faisait le compte, avec une rapidité incroyable de ce dont il disposait quand d'un seul coup le voilà qui s'exclame :

- Bon Dieu ! Mais on m'a volé des lisses ! Puis des vibors aussi ! De quoi faire une annexe !

Je ne savais plus où me mettre, moi qui n'avais, du moins l'avais-je cru, emprunté que des pièces inutilisables...

- Demain je les renvoie tous ! Il ne sera pas dit qu'un voleur travaille chez moi ! rugit-il.

Je savais comme il était difficile pour les apprentis de trouver un bon maître et un bon chantier, comme leur vie était difficile avec leurs nombreux enfants qui ne mangeaient pas tous les jours à leur faim quand le travail venait à manquer. Je savais aussi qu'ils ne retrouveraient pas de travail ici et seraient obliger de s'exiler au moins jusqu'en Cornouaille pour trouver une embauche. De les avoir tous longtemps observé, je savais confusément qu'aucun d'entre eux n'était mauvais ni ne méritait pareille punition. Aussi réfléchissant très vite, je décidai de dire la vérité !

- N'en faites rien Maître Loïc, vos braves ouvriers ne vous ont rien volé ! J'avais lancé cette phrase sans oser me montrer, espérant un miracle.
- Qui a parlé ? Montre-toi garnement et dis-moi qui tu es ! Loïc pensait avoir affaire à un galopin du village.
- Allez sort de ta cachette, je te promets indulgence si tu me dis où sont passées mes pièces !

Je m'enhardis (Ne m'avait-il pas inexplicablement inspiré confiance, lorsque je l'avais vu la toute première fois en forêt ?) :

- ne me ferez-vous aucun mal ?
- Juré sur la vie des marins en mer !

Pouvait-il y avoir serment plus fort ? On ne joue pas ainsi avec la vie des marins...

- Me voici Maître Loïc... Je sortis d'entre deux madriers qui auraient pu m'écraser comme une noix.
- J'habite votre chantier depuis un an. J'ai commencé un cotre qui me mènera en Irlande ! ajoutai-je profitant de sa stupéfaction.
- Un cotre ! Rien que ça ! Pour aller en Irlande ? As-tu vu ta ... ta taille ? Ah! Ah! Ah! il se prit d'un rire irrépressible .
- Montre-moi donc ton ouvrage gamin !

Je le menai sous le chantier, entre les rampes le passage était juste suffisant pour son imposante stature. Allongeant les bras, il saisit mon bateau, enfin... seules la quille, les membrures et les serre bauquières étaient assemblées. ressortant de là-dessous, il le tint devant lui, appréciant les formes, jaugeant les volumes, examinant les assemblages d'un œil expert.
Je n'osais rien dire...

- Un cotre ! Mais ce n'est qu'une maquette Ah! Ah! Ah! ... Très bel ouvrage mon garçon, à ceci près que ce n'est pas un cotre, mais un caboteur, un lougre précisément!
- J'en avais pris les plans dans vos tiroirs. dis-je penaud.
- Ah voilà pourquoi je ne les trouvais pas ? T'ai-je promis de ne pas te punir d'avoir pris mes gabarits ? Il s'était fait sarcastique...
- Non Maître, en effet... mais...

Je craignais sa colère...

- Mais tu me donnes ta maquette c'est cela ? Affaire conclue ! Quel est ton nom apprentis ?

Apprenti, il venait de m'appeler apprenti !

- Goulven pour vous servir Maître Loïc ! dis-je avec aplomb.
- Et bien Goulven, pour ta punition, tu devras me faire d'autres maquettes en attendant que le lougre soit fini, après tu seras libre de retrouver les tiens.

Je baissais les yeux silencieux...

- Et quoi ? N'es-tu pas satisfait de devoir travailler pour moi ? Préfères-tu que j'aille te vendre à un forain qui t'exhibera de foire en foire ? dit-il menaçant (Il n'en aurait rien fait, je ne pouvais l'en croire capable!).
- C'est que ... sauf votre respect, j'ai fait le vœu de m'embarquer pour l'Irlande sur un bateau que vous construirez. Je dois y rejoindre une lutine ... qui m'attend là-bas, je le sais ... une lutine rousse aux yeux verts ! Répondis-je en rougissant comme une pivoine.
- Holà mon garçon tu n'as pas froid aux yeux ! Tu iras où tu veux avec un tel courage ! Mais dis-moi ... pourquoi t'es-tu dénoncé tout à l'heure ? Son ton était devenu paternel.
- Pour ne pas voir punis des innocents, nous les lutins sommes farceurs certes... N'ai-je pas mis de la gaîté dans votre atelier à votre insu ? Mais nous ne faisons jamais le mal et abhorrons l'injustice ! Il me semblait parler à Maître Marc.
- Voilà qui est bien dit Goulven ! Je te garde auprès de moi, continue en secret de distraire les hommes, et le vent te poussera vers ta promise ! Il se tut un instant avant d'ajouter : Mais... ne t'avise plus de remplir mes poches de sciure trempée dans le coaltar ! Ah ah ah !

La construction du navire dura une longue année.
Malgré le labeur acharné, Loïc eut tout loisir d'observer avec attention son hôte discret. Le lutin farouche, qui ne s'était pas laissé surprendre pendant de longs mois, devint peu à peu aussi familier qu'un chat, s'invitant souvent le soir dans le bureau du charpentier.

Les apprentis s'émerveillaient des maquettes que faisait le lutin habile pour leur patron, lui s'amusait beaucoup à les laisser croire qu'il en était l'auteur.

La première impression de Loïc, dans la pénombre du couchant, avait été d'avoir affaire à une sorte d'être humain en miniature. Mais il s'était rapidement rendu compte, que le lutin se différentiait beaucoup des hommes.
Les proportions de son corps, tout d'abord : l'œil exercé du charpentier, lui permettait d'apprécier que cet être (si petit qu'il aurait pu le coucher en long sur son avant-bras), aurait dû avoir une tête de la taille d'une noix, s'il s'était agi d'une réduction. Or la tête du lutin était plus grosse que le poing fermé d'un jeune enfant.
De même, ses pieds, trop grands, trop larges, semblaient grotesques à l'homme de l'art (jamais il n'aurait esquissé un homme, ni même un enfant, comme cela).

Lorsqu'il dévisageait le lutin, Loïc était troublé, presque effrayé (bien qu'il soit homme raisonnable) : difficile de comparer cette étrange figure à un visage humain. Il n'était pas laid, à proprement parler, mais l'homme ne trouvait chez Goulven que des traits caricaturaux.
Son nez était trop rond, comme celui des nourrissons. Ses pommettes hautes, ses joues creuses et son menton arrondi donnaient à sa face une forme triangulaire très douce, presque féminine.
Sa tignasse noire, perpétuellement en bataille, évoquait plutôt le toupet rêche (Ainsi l'imaginait Loïc bien qu'il ne l'ai jamais touché.) qui coiffe d'ordinaire les ânes qu'une chevelure.
En outre, le lutin avait des caractères qu'un être humain ne pouvait facilement admettre : que penser des fines oreilles pointues de Goulven, qui semblaient s'allonger dès qu'il était contrarié ou pris en défaut ?... Que dire de ses yeux immenses (comme un animal nocturne), au regard si intense et pénétrant qu'il mettait Loïc mal à l'aise. Non qu'il ait eu peur, mais, trop souvent, il se sentait sondé par la clairvoyance de Goulven.

Le charpentier était conscient que son protégé courrait un grand danger s'il venait à être découvert par des hommes trop frustes pour simplement admettre que pareille créature puisse exister, mais le lutin faisait preuve d'une incroyable facilité à passer inaperçu, même aux yeux de Loïc, dès qu'il le décidait.

Plus tard, Loïc remarqua que son petit apprenti avait une force étonnante, malgré sa petite taille : d'un bond, il pouvait sauter sur une chaise, ou sur la table de son bureau.
Il était capable de soulever certains outils d'acier lui arrivant à la taille, certaines pièces de bois dépassant son bonnet.
Cette constatation amena Loïc à se souvenir d'une réflexion qu'avait faite l'instituteur, faisant observer des fourmis à ses élèves, lorsque le charpentier usait encore ses fonds de culottes à l'école :

« Plus l'animal est petit, plus sa force est grande !... » s'était-il exclamer pour provoquer l'intérêt des enfants, déclenchant des rires moqueurs.

Le manque de logique évident de cette affirmation avait frappé les jeunes garçons (Loïc, comme les autres, savait depuis son enfance qu'un cheval est plus fort qu'un âne.). Mais, depuis, le charpentier avait compris toute la subtilité de la contradiction volontaire de l'enseignant, et il témoignait beaucoup de respect pour les plus humbles créatures.
(« Est-ce cela qui inspire à ce lutin la confiance irrationnelle qu'il me témoigne ?... » s'interrogeait l'homme.)

Loïc était bien sûr surpris par l'âge que revendiquait son invité : lui-même n'avait que vingt cinq ans (Il avait repris très jeune le chantier de son père.), mais Goulven affirmait sans sourciller être encore un enfant tout en prétendant avoir déjà « quatre lustres » (vingt ans !). Et, quand Loïc lui fit remarquer que c'était impossible, le gamin lui assura avoir une sœur ayant près de cent ans !

Mais ce qui intrigua le plus Loïc, lorsqu'il commença à se prendre d'amitié pour Goulven, ce furent les étonnantes convictions du lutin : cette foi inébranlable en son destin, cette croyance irrationnelle en sa visiteuse nocturne (Goulven lui avait affirmé que la lutine qu'il devait rejoindre l'appelait en songe.).
Mais le gamin était tellement exalté lorsqu'il parlait de sa lutine rousse, tellement éloquent, que le charpentier finit par croire, lui aussi, que ce mystère fut possible, car les yeux noirs de Goulven semblaient s'ouvrir sur des mondes inconnus à son évocation ; son sourire, ineffaçable, s'agrandissait d'une oreille à l'autre rendant son visage, naturellement joyeux, éblouissant à la seule pensée de la lutine merveilleuse !

Enfin, Goulven se comportait comme s'il devinait tout du charpentier. Ainsi, un soir de confidences, lui avait-il susurré, du miel dans sa petite voix flûtée :

- Avez-vous remarqué comme Madalen vous regarde, Maître Loïc ? N'avez-vous jamais songé à vous marier ?...

À cet instant, l'homme s'était senti traversé d'une joie inexprimable, d'une espérance ineffable, un pur bonheur coulant dans ses veines... (« Comment ce diablotin a-t-il deviné des sentiments que je n'ai même pas formulés ?... » s'interrogeait-il encore, bien longtemps après le départ du lutin.)

En récompense de ma droiture, il avait modifié le plan du lougre afin que j'y puisse circuler à ma guise pendant la traversée.
Je m'étais réconcilié avec le korrigan de l'île Longue, allant tout d'abord m'excuser, puis le remerciant de m'avoir sauvé la vie !
Plus tard, la traversée vers l'Irlande me prouva combien il avait raison en me mettant en garde contre les furieuses tempêtes de la mer d'Iroise...


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